lundi, janvier 15, 2007

Quelques réflexions sur les vieux...

Chose promise chose due, j'ai rédigé mes réflexions... Attention c'est très long !
Bonne lecture et SVP si cela vous interpelles je serais ravie d'entendre vos remarques mais SVP ne m'agressez pas. Ce ne sont que des réflexions, les coucher sur papier m'a demandé du travail et je ne demandes qu'à approfondir ma réflexion.

Quelques réflexions sur que faire des vieux…

Je ne donnerais pas d’âge précis (ce serait l’indignation générale) mais simplement préciserait que je pense aux vieux « dont il faut faire quelque chose ».
Pourquoi il a t-il des vieux dont il faut s’inquiéter ?
Parcequ’ils sont seuls
Parcequ’ils sont tristes
Parcequ’ils sont malades voir même déments
Parcequ’ils coutent cher
Parce que c’est une question de société.

Attention, ceux qui vont bien, qui n’ont absolument pas envie qu’on s’inquiète d’eux qui gèrent leur vie tous seuls voir qui aident les autres, je n’en parles pas ici, ce n’est pas mon propos, qu’ils ne se sentent pas vexés, c’est plutôt une réflexion sur ceux qui ont besoin d’aide.

Selon l’Institut national d'études démographiques, en 2006, 2 hommes sur 3, et 1 femme sur 5 passé 74 ans, vivent en couple. Seuls 20 % des femmes et 10 % des hommes habitent avec de la famille. Près de la moitié des femmes vivent seules, contre plus de 20 % des hommes

Que font ceux qui ne vivent pas avec de la famille ? Deux solutions, les établissements spécialisés ou bien rester chez soi.
D’ailleurs rester chez soi coûte que coûte semble être le veux de la majorité des vieux, comme il y a très peu d’institutions pour les accueillir, ca tombe bien. Un petit exemple, à partir de 65 ans, moins de 3 % des personnes vivent en maison de retraite ou dans un autre type d'établissements spécialisés. Donc l’immense majorité des vieux sont chez eux.

Alors théoriquement, ce qu’on appelle le « maintien à domicile » n'est possible que si l'environnement social, familial et l'état de santé de la personne le permettent. Mais en pratique ils sont légions les vieux complètement seuls pour qui regarder la télé et faire les courses sont les seules occupations…

Des solutions ont été proposées pour aider au maintient à domicile, notamment on a créé l’aides ménagère (dont le financement est aidé par l'aide sociale ou la caisse de retraite complémentaire) et l'auxiliaire de vie, rétribuée directement. Elles effectuent les tâches quotidiennes et peuvent accompagner les sorties.
En pratique l’aide ménagère vient généralement 1 heure par jour (l’état aide pour 30 heures par mois). Et l’auxilière de vie, c’est très variable d’un cas à l’autre mais cela dépasse très rarement la demi-journée, le plus souvent elle vient pour aider à la toilette le matin.
On peut aussi embaucher une garde à domicile, mais c’est assez cher.

Ces aides ne sont pas sans problèmes, c’est cher, la formation du personnel est parfois insuffisante, comme tous les emplois, c’est quand même un peu compliqué et ces papiers ont tendance à rebuter les vieux qui en plus souvent ont du mal a lire avec leur vue défaillante. Heureusement il y a des associations qui proposent des services « clés en mains » mais là aussi on a de tout. Du meilleur, heureusement avec des gens merveilleux à qui je tiens à rendre hommage, mais aussi du pire. Dès qu’on parle avec les professionnels du secteur, les familles, les vieux, on entends malheureusement que les cas d’abus sur les personnes âgées du genre chantage aux sentiments, intimidation, maltraitance, vols sont réel et quasiment incontrôlables.

Des services peuvent être proposés comme le portage de repas à domicile. C’est une bonne chose mais du coup il peut y avoir des gens qui ne sortent quasiment jamais de chez eux puisqu’il n’y a plus les courses à faire. Et il faut citer aussi la télésurveillance, c’est un petit appareil que la personne doit porter sur elle en permanence et qui envoie une alarme a une entreprise spécialisée si la personne presse sur le bouton. Bien pratique en cas de chute. Cependant j’ai plusieurs exemples dans mon entourage de refus de cet appareil perçu comme un contrôle de « s’ils ne sont pas morts » et au final comme une solution pour qu’ils continuent à être seuls…

Pour les sommes toutes rares personnes qui ne veulent pas rester chez elles et qui ont la chance d’être pourtant complètement valides, il existe aussi des « foyers logements » et la version chic, les « résidences service ». Là le vieux réside dans un appartement particulier, tout en disposant de services collectifs. Comprenez bien, ca coûte cher…

Mais je reprends, si j’essaye de brosser le portrait du vieux dans un environnement classique. C’est une vielle elle est chez elle, elle a quelqu'un qui l’aide une ou deux heures par jour, ou un ou 2 jours par semaine, elle passe tous le reste de son temps devant la télé…
Donc j’en arrive au point suivant, les vieux sont tristes…

Ils sont même très tristes, pour vous donner une idée, l'incidence de la dépression dans la population générale est de 3 à 16 %. Les chiffres sont vagues car très difficiles à obtenir. Elle serait de 15 à 30 % chez la personne âgée et en maison de retraite elle atteint 15 à 45 % des patients soit 3 à 4 fois plus que la moyenne. On est loin de l’éden de fin de vie vendue par les placards publicitaires dans les revues pour vieux.
Et quand il déprime, le vieux se suicide facilement, le risque suicidaire est supérieur à 10%.
Pour une femme de 20 ans le rapport des tentatives de suicide sur les réussites est de 160 tentatives pour un suicide, par contre, avec l’expérience on semble plus performants et à l'âge de 65 ans, le rapport est de trois tentatives pour un suicide féminin. Chez l’homme le suicide est beaucoup plus fréquent encore, 2/3 des suicidés de plus de 65 ans sont des hommes) et le rapport est de 22 tentatives pour un suicide masculin à 20 ans, contre pratiquement une tentative pour un suicide masculin à 65 ans…

Là encore on est mieux chez soit, car le taux de suicide en maison de retraite est beaucoup plus élevé qu'à domicile. Un conseil, si vous connaissez un vieux qui fait une tentative de suicide, considérez cela comme une extrême urgence…

Troisième point que je vais traiter, les vieux sont malades. C’est une affaire bien connue, plus on est vieux plus on a tendance a être malade. Je vais vous épargner le catalogue des maux qui peuvent advenir, disons pour simplifier que deux types de maux posent problème, ceux qui donnent un handicap physique et ceux qui donnent un handicap mental.
Quand le handicap physique arrive, c’est là qu’on réalise à quel point nos logements ne sont pas fait pour des impotents. Comment faire la cuisine le ménage, sa toilette quand on tiens mal sur ses jambes ? Comment téléphoner, lire, écrire, ce qui est si indispensable pour gérer les aides d’ailleurs, quand c’est la vue défaille ?
Mais le pire c’est incontestablement les troubles cognitifs. Comme je suis une spécialiste du sujet je me suis fait violence pour vous épargner la description de ce qui peut arriver, je vous présenterai uniquement et très brièvement la maladie la plus fréquente : la terrible maladie d'Alzheimer.

J’ai pris un petit résumé sur le site de l’association France Alzheimer : « La maladie d'Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau évoluant vers un état de démence. Elle frappe, d'après les estimations actuelles, 5 % des personnes de plus de 65 ans et 25 % des plus de 80 ans.
La "Démence de Type Alzheimer" représente à elle seule 50 % des démences. De plus, elle apparaît souvent en association avec des atteintes vasculaires cérébrales ce qui fait qu’elle est impliquée au final dans 70 à 75 % des cas de démence.
Elle débute par des pertes de la mémoire récente et des troubles du comportement, puis évolue vers la disparition graduelle de toutes les facultés intellectuelles et physiques conduisant le malade à un état de dépendance totale.
La durée d'évolution de la maladie varie de trois ans à plus de vingt ans; avec une moyenne de huit ans. Elle est actuellement incurable.

A cela j’ajouterai qu’elle a un effet complètement dévastateur dans les famille. Et pour cause, c’est extrêmement dur à gérer, à supporter à vivre. Ses enfant sont les premiers à devoir gérer la personne malade, et souvent j’ai pu constater à quel point ils sont démunis, ils ne connaissent quasiment rien de la maladie et ne comprennent pas les réaction de la personne malade. Ils sont dépassés par son agressivité, son activité nocturne, la fluctuation de son état et déstabilisés par les annonces de découvertes de vaccin ou de traitement révolutionnaire tous les 6 mois par les médias. Les institutions d’accueil des malades sont insuffisantes et font peur par leur manque de moyens et de personnels, par les bruits qui courent de maltraitance physique ou morale, par le coût prohibitif de certaines, sans parler du sentiment de coulpabilité éprouvé par la famille…

La possibilité d’avoir des soins à domicile existe mais la mise en place de ce système est réservé aux personnes qui ne vivent pas seules évidemment, enfin cela devrait être le cas du moins.

Mais il faut bien se rendre compte que plus la maladie évolue et plus la personne va avoir besoin d’une surveillance permanente. Jour et nuit. Il y a des personnes qui prennent seules en charge leur vielle maman malade, c’est surhumain et c’est psychologiquement insupportable. Généralement on culpabilise à l’idée d’une institution, on recule, et malheureusement quand on le fait c’est trop tard, a partir d’un certain stade le malade perd la capacité a créer des nouveau souvenirs et donc ne peux pas s’habituer a un nouvel environnement en plus les délais d'admission sont en général très long et il vaut mieux ne pas agir dans l'urgence pour avoir véritablement le choix.

Le choix d’ailleurs est limité, c’est soit la maison de retraite avec "section de cure médicale" permettent d'effectuer des soins sur place soit les centres et unités de long séjour, souvent intégrés au sein d'un hôpital et qui accueillent les personnes nécessitant des soins médicaux importants et constants. Ils sont financés directement par l'assurance maladie. Mais attention : seuls les frais médicaux sont pris en charge et non les frais d'hébergement. Il existe aussi des résidences médicalisées, relevant du secteur privé, parfois spécialisées dans la prise en charge des personnes âgées souffrant de détérioration intellectuelle.

Bon, je ne veux pas m’enfoncer plus avant dans ce sujet là même si dans la question « que faire de nos vieux » le fait qu’ils soient déments est assez capital.

Il y a la question du coût aussi…
En institution, le coût moyen mensuel restant à la charge des personnes était en 2004 entre 1000 et 1800 euros (très variable selon les régions), et ce pour les établissements habilités à l'aide social, les prix sont paraît il très supérieures en établissements privés.
La retraite moyenne d'une personne âgée de 82 ans est de 1000 euros.

Maintenant dans le « Que faire de nos vieux » ? Il n’y a pas seulement une question financière ou matérielle, il y a avant tout une question et des choix de société…

Personnellement j’ai vécu une expérience très différente ayant grandit au Sénégal, j’ai vécu dans une maison qui regroupait trois générations et mes grands parents ont été partie prenante dans mon éducation. C’était la norme au Sénégal, comme partout en Afrique, je n’avais jamais entendu dire, avant de venir en France que les vieux pouvaient ou devaient vivre sans leurs enfants. La question ne m’avait même pas effleurée. Quel choc a été la découverte des maisons de retraite et des vieux tout seuls chez eux. De la notion de vieux sages j’ai atterris dans celle des vieux acariâtres.

Bien sûr on ne peux pas comparer le modèle Africain au notre, il n’est d’ailleurs pas choisi, il est la conséquence d’une situation économique et démographique, il a aussi ses problèmes comme la grande promiscuité. Néanmoins il est intéressant de voir à quel point il est porteur d’autres valeurs. En vivant en Afrique j’avais le sentiment que vieillir était une bonne chose, les vieux, même déments étaient une évolution souhaitable.

A coté de cela je vois ici une notion désagréable de la vieillesse. Peut être que certains d’entre vous ont ressentis un petit pincement quand ils ont lu que je parlais des « vieux ». C’est vrai cela ne se dit pas, on dit les « personnes âgées »… Pourquoi ?
J’ai l’impression qu’il est politiquement incorrecte de vieillir et d’en avoir l’apparence. Dire à quelqu'un qu’il est vieux est quasiment une insulte. Il faut rester jeune à tout prix, jeune en apparence, jeune en pensée il faut avoir les goûts et les loisirs des jeunes… Finalement est ce qu’on aime vraiment les vieux ?

Trouver une place aux vieux est un problème complexe. Du fait de nécessités économiques, les gens sont amenés à chercher du travail loin, dans ce contexte, une famille nucléaire s’exporte plus facilement qu’un troupeau familial. Et puis les logements sont chers et petits, pas du tout adaptés à la mémé qui se déplace avec son déambulateur. Le taux de natalité est bas dans les sociétés industrialisées ce qui fait peser la charge de travail inhérente à la prise en charge d’une personne handicapée sur un petit groupe, voir sur des personnes seules. Les gens travaillent longtemps et les revenus sont bas, comment payer une aide à domicile à plein temps quand il faut aussi s’endetter pour le logement et assumer les enfants ? La solidarité intergénérations s’appuie aussi plus facilement sur des familles soudées, à l’heure ou les taux de séparation des couples explosent ce n’est pas évident.

Sur tout cela il est extrêmement difficile d’agir, mais est ce que la société souhaite agir ? Est ce que la situation conviens à la majorité des gens ou non ?

Je ne sais pas quelle est la réponse à cette question là, en terme de majorité s’entends, il est évident que comme chacun j’ai mon opinion individuelle.

J’ai fait un petit test sur cette question, j’ai essayé d’aborder la question de « garderiez vous vos parents ou vos grands parents chez vous ?» avec des copines de mon âge et sur un forum sur internet. Les réponses m’ont surprise.
Majoritairement les personnes considèrent impensable de prendre leurs parents avec elles pourquoi ? Les raisons invoquées sont les appartements sont trop petits, les vies professionnelles trop remplies, et si on précise la question en ajoutant « le feriez vous si vous en aviez les moyens matériels ? » les réponse, là plus souvent anonymes, font état de caractères inaccordable, belle mères insupportables et aussi du fait qu’il faut absolument préserver en huis clos la vie de couple… Chose surprenante je dois avouer car personnellement ma vie de couple est bien meilleure quand un grand parent vient garder les enfants pour nous permettre de sortir… Beaucoup disent aussi que ce sont les personnes agées qui ne le veulent pas.
Au fond de cela il y a peut être une vision individualiste de la société et une certaine idée que les vieux n’ont plus de rôle à jouer dans leur famille. Même au niveau de l’expérience, avec l’évolution rapide des techniques les vieux se sentent d’ailleurs dépassés sur bien des points. Ils pourraient prendre en charge l’éducation des petits mais là aussi certains grand parents se considèrent en vacances de leur rôle éducatif par rapport aux plus jeunes. Beaucoup disent que « les grands parents sont là pour "profiter" des petits enfants et non pour les éduquer ». Je l’ai entendue souvent cette phrase. D’ailleurs cette idées que l’éducation est strictement réservée aux parents et aux professionnels est assez répandue. Essayez donc de faire une remarque à un bambin qui fait un caprice dans un supermarché…
La société semble avoir cessé de penser que le rôle éducatif appartenait à chaque adulte.
De même l’aide sur les tâches familiales n’est plus une évidence. La relation d'aide est de plus en plus limitée à un apport financier...

Mais paradoxalement j’ai aussi parlé avec certaines personnes âgées seules et qui souffraient cruellement de cette solitude et beaucoup ne remettaient absolument pas en cause ce modèle !

Cela dit, parallèlement j’observe aussi la situation inverse, les grands parents qui font la garderie de leurs petits enfants semblent quand même assez fréquents.

Finalement quelle société voulons nous ? On peut difficilement dire qu’il faut simplement laisser le choix aux gens, les circonstances économiques et sociales font que généralement le moment venu de prendre une décision il ne s’agit plus d’un choix de vie mais de faire le moins pire possible.

Les choix doivent se faire en amont par la société en fonction de ce qu’elle peut faire mais aussi de ce qu’elle veut et des valeurs qu’elle aura développé.
Moi je propose que chaque citoyen se questionne sur la place qu’il aimerait avoir en vieillissant et sur ce que la société devrait faire en amont pour cela…

Pourquoi j’ai écrit ces réflexions ? Je m’interroge sur mon propre avenir… Je n’aime pas le système de regroupements par âge qui se fait actuellement… des crèches, des maisons de l’adolescent, des maisons de retraites, pourquoi les gens doivent ils être avec des personnes de leur âge ? J’ai fait le rêve de monter une institution mixte, enfants, personnes âgées, personnes handicapées. Une utopie, cela me paraît infaisable… Regrouper les problèmes ne me semble pas mieux au final que de regrouper les gens par catégories d’âge, j’imagine la catastrophe… au fond ce que j’aimerai ce serait plutôt que la société intègre tous ces individus... Alors comment faire ?
Je fais appel à vous, lecteurs anonymes, aidez moi à progresser dans ma réflexion et dans ma démarche SVP.

12 commentaires:

Stefbsl a dit…

Belle et longue réflexion. Au Québec, même situation. On essaie d'adoucir la vérité en parlant d'ainés et non de personnes âgées mais le résultat est le même. Spiff et moi sommes en pleine réflexion car nos parents respectifs vieillissent (ma mère vit seule depuis le décès de mon père) et ma BM ne peut plus vivre seule (mon BP s'en occupe mais jusqu'à quand ?). Pour nous, il y a le pb de la distance (France/Québec) mais il faudra un jour trouver une solution. Pour le moment, je ne sais pas, mais je réfléchis ... J'ai bien hâte de lire d'autres réponses.

ab a dit…

Belle réflexion en effet. Tu as raison sur le fait qu’il ne faut pas s’enfermer dans des catégories d’âge, mais favoriser les rencontres entre générations. Il y a des initiatives dans certaines écoles, qui organisent des activités dans des maisons de retraites, ce qui permet aux enfants et aux personnes âgées (pardon, c’est vrai que j’ai du mal à dire « les vieux ») de partager de bons moments et de se découvrir.
Je pense que le problème de fond est que notre société, nous, refusons de regarder en face la vieillesse, la maladie et la mort. Nous qui avons l’habitude d’avoir une solution pour tous les problèmes, nous refusons notre impuissance face à elles. Et nous refusons de penser à ce qui nous attend.
Les enfants sont finalement beaucoup plus naturels face à ça. C’est peut-être eux la clef, il faut qu’ils aient l’occasion de voir leurs grands-parents et/ou d’autres personnes âgées, qu’ils passent du temps avec eux, pour accepter la vieillesse comme quelque chose de naturel, et respectable.

Nadu2 a dit…

Nous nous sommes deja poses la question pour nos parents. Je m'occuperais sans hesiter de ma mere et de ma belle mere, meme si ca implique de se serrer ou certains sacrifices, par contre, je ne le ferais certainement pas pour mon pere. Pour lui c'est une question d'histoire personnelle, il reste un grand malade meme s'il n'a plus de forces (pervers manipulateur a tendance sadique) et je ne suis pas mazochiste.
Je pense moi aussi que les personnes ages ont leur place dans la societe. Ils ont souvent une sagesse et une experience que les jeunes n'ont pas, et ils ne sont pas tous reac.
Ma grand mere a 92 ans, elle va douloureusement bien comme elle aime le dire, ou comme variante, elle va bien jusqu'a la taille (ses jambes ne suivent plus). Elle a choisit de rester dans sa maison pour l'instant, meme si c'est plein d'escaliers ce qui complique sa vie, elle reve d'y mourrir.
Je crois que ce qui est important, c'est d'essayer de respecter les desirs des personnes. Bien sur, dans les cas de maladies comme Alzheimer, c'est un peu different, mais je dirais quand dans la plupart des handicaps physiques, c'est plus une question de volontee commune d'organiser au mieux la vie de la personne. Par exemple, ma grand mere lit "la Vie" tous les jeudi, qu'elle enregistre en cassette pour envoyer a des amies aveugles. Elle fait encores des petites choses comme ca qui sont a sa mesure, et qui font qu'elle se sent utile a quelque chose.
Je crois que la clef est la: etre utile!

Moi aussi c'etait long, desolee!

Nadu2 a dit…

Je termine, par rapport a l'utilite, les vieux depriment car ils se sentent inutile. Des qu'ils font quelque chose d'utile a quelqu'un, il retrouve leur dignite et un sens a leur vie.

Anonyme a dit…

Félicitations pour vos réflexions sur les vieux que je commence à rejoindre . J'ai attendu un peu pour écrire car cela m'a donné un peu "le bourdon ". Si je fais référence à mes parents , ils ont terminés leurs vies dans une résidence du troisième âge qu'ils disaient ou ils avaient tous les services : restauration, animations . C'était un immeuble d'appartements au centre de la ville .Ils pouvaient nous recevoir comme ils voulaient. bien sur il fallait prévenir .Je pense qu'il faut respecter le souhait des personnes et leur donner les moyens qui vont avec lorsque cela est nécessaire .
Une autre piste qui existe , ce sont les interventions dans les écoles . Les écoles devraient se rapprocher des mairies et des maisons de retraites pour, ponctuellemnt , faire appel à des personnes âgées pour venir témoigner de leurs vécus en préparant l'intervention . Mon pére qui avait fait les deux guerres 14-18 et 39-45 , a fait des interventions dans les écoles , il était très angoissé avant et surper fier aprés.
Le probléme des établissements que je pense bien connaître que ce soit pour les personnes âgées ou handicapées c'est qu'ils fonctionnent en vase clos . Il est très difficile de pouvoir intervenir en tant que famille dans la vie de l'établissement . Les résidents semblent leur appartenir dés qu'ils franchissent la porte et lorsque vous souhaitez faire une remarque ou des propositions vous êtes ressentis comme un perturbateur et l'on vous demande de trouver un autre établissement . Il serait urgent de revoir la formation des personnels encadrants, du directeur au personnel d'entretien . Il faut au maximum permettre à la personne hébergée de vivre comme elle vivait ou vivrait à l'extérieur tout en respectant les régles de fonctionnement de l'établissement qui ne doivent en aucun cas exclurent la famille et les amis. Nos vieux doivent pouvoir rester dans la vie de la cité et non pas être considérés comme une source de revenu ou des charges à la merci des humeurs des équipes encadrantes qui se considérent comme les maitresses de maison de ces résidences .
Ils existent des maisons de retraite exemplaires qui hébergent les personnes âgées avec leurs animaux de compagnie , à Asniéres la fondation Aulagnier .
Je vous souhaite bon courage pour votre étude .

Anonyme a dit…

J’ai lu votre texte, en deux fois, à mon père, qui l’a trouvé très bien. Quand je passe du temps comme cela avec mon vieux de 95 ans, je ne considère pas que je « perds » mon temps, mais que « j’engrange » de bons souvenirs.
Un problème qui n’apparaît pas dans votre texte, est celui des assurances. Elles ont un pouvoir exorbitant de « refuser » la responsabilité d’un sinistre dès qu’il y a la moindre nouveauté sortant de rails étroits et stricts. C’est pour cela que beaucoup d’initiatives ne peuvent se faire. Exemple : Une personne bénévole intervient dans une maison de retraite, il y a un pépin quelconque, l’assurance ne fonctionnera plus du fait d’une intervention d’une personne qui n’était pas le personnel déclaré. Vous ne pouvez « mélanger » des handicapés dans une halte de repos pour les familles parce que chaque handicap a du personnel spécialisés, et si une infirmière non spécialisé dans une pathologie intervient sur une personne ayant une autre pathologie, l’assurance refusera de prendre le risque en charge, et l’infirmière sera pénalement responsable. Cela vous parait aberrant ? mais c’est français !
Le plus triste, c’est que la France exporte ses critères d’une part, et que les compagnies d’assurances mondiales, ont de plus en plus de pouvoir d’autre part.
Comment y remédier ?
1er ) se renseigner correctement pour bien appréhender le sujet ;
2ème) en parler autour de vous pour que ce sujet émerge ;
3ème) Ecrivez à vos députés respectifs, à l’Assemblée, etc.

Bravo pour votre étude.

Louve a dit…

Hello Tili,

Bravo pour te pencher sur un phénomène qui nous embarrasse. On a souvent des oeillères et on refuse de penser que les "vieux", un jour, ce sera nous. Et que nous récolterons ce que nous avons semé...

Je suis assez d'accord avec Nadu, il faut respecter les désirs des personnes âgées. Certaines, en fonction des relations entretenues avec leurs proches, choisiront la maison de retraite, les solutions intermédiaires (soins médicaux de base, repas etc. ) ou alors de faire toit commun, si entente réciproque. En l'occurrence, des couples de personnes âgées souhaitant préserver un peu de LEUR intimité, préfèrent parfois un logement semi-indépendant dans une structure pour 3ème ou 4ème âge. Ce qui est plus dur, c'est une personne seule...

Personnellement, je ferais une distinction entre accueillir un parent sous mon toit et accepter qu'il intervienne, même très régulièrement, dans notre vie, par des repas communs, activités en famille élargie etc. C'est vrai que la vie de couple va mieux si elle bénéficie de bulles d'oxygène - que peut lui octroyer une grand-maman baby-sitter. Mais je ne suis pas sûre que ce soit le cas lorsque ladite grand-maman habite chez ses enfants. A nouveau, tout dépend des relations entre parents, enfants, petits-enfants. Et du logement. Et des finances etc.

Si j'en avais les moyens (et donc la place), je pense que je pourrais concevoir que mes parents s'établissent chez moi. Mais ils sont farouchement indépendants et ont d'ailleurs toujours mis un point d'honneur à ne garder nos enfants qu'en cas de problème, soit en 2ème ligne. Ils estiment avoir fait leur part et avec 4 enfants, je ne peux qu'accepter leur vision des choses, même si cela nous arrangerait - ne le nions pas - qu'ils s'investissent un peu plus.

Par contre, je ne conçois pas la même chose avec mes beaux-parents et je pense que - in fine - il y aurait des discussions difficiles entre mon mari et moi-même...

Ceci étant, je trouve que la société commence à prendre conscience de ce problème. Il y a de multiples initiatives qui tendent à "raccorder" les générations, sans qu'il y ait forcément de lien de famille entre elles. D'ailleurs, aujourd'hui, de plus en plus de femmes n'ont pas d'enfants et ne pourront compter sur ce type de lien dans leurs vieux jours.

J'ai gardé deux liens, un en Suisse
http://www.ville-ge.ch/dpt5/enfance/projet_intergeneration_f.php

et l'autre à Paris
http://209.85.129.104/search?q=cache:VC5wc4rDRVgJ:www.v2asp.paris.fr/fr/La_Mairie/salle_de_presse/dossiers_presse/pdf/Inauguration_creche_Boutchou.pdf+personnes+%C3%A2g%C3%A9es+enfants&hl=fr&gl=ch&ct=clnk&cd=1

Je trouve ces initiatives intéressantes, elles ne font que commencer et pallient l'absence de lien affectif suffisamment fort entre vieux parents et enfants. Les liens de sang sont une chose, mais rien n'empêche d'en créer de nouveaux, à un niveau communautaire.

Bonne réflexion et bon week-end !

Anonyme a dit…

Il y a une belle chanson, très triste, de Jacques BREL : "Les vieux" qui ont une pendule au salon qui leur dit "je vous attends".
En fait être vieux ce n'est pas une question d'années, c'est une question de conditionnement; Il y a des gens, surtout les femmes qui ne sont pas libres. Fait pas ci, fait pas ça. Coincées dans des schémas, le résultat donne des calamités à 80 ans et plus.
Ne vous penchez pas trop sur le problème de la vieillesse, vjous y serez confrontées vers 50/60 ans avec vos parents vieillissant. Occupez vous de vos petits bonhommes, faites en des gens bien.
Une grand-mère

dieudeschats a dit…

J'ai été pas mal préoccupée par cette question ces derniers temps.
Ma grand-mère est morte le soir de ce 31 décembre, à 88 ans, entourée de ses deux enfants.
Depuis de nombreux mois elle "déclinait", comme on dit... mais elle refusait absolument de quitter sa maison, malgré ses nombreux et graves problèmes de santé et sa totale dépendance pour la moindre chose (manger, se laver, aller à la toilette, etc.). Elle voulait y mourir, avec son chien et son chat.
Elle vivait là seule depuis plus de 20 ans mais recevait de fréquentes visites - jamais assez nombreuses à son goût, cependant... faut dire qu'Alzeihmer lui en faisait oublier la plupart :(
Cela a été une charge terrible pour mon père et ma tante, psychologiquement et physiquement.
Elle avait le fameux bip autour du cou mais les dernières fois qu'elle était tombée elle avait refusé de l'utiliser, préférant attendre que quelqu'un vienne et la découvre, car elle avait trop peur d'être emmenée d'office à l'hôpital ! Elle menaçait de se suicider si on l'envoyait à l'hôpital ou en maison de repos.
Tout cela était émotionnant et interpelant. Je me suis demandée comment ma sœur et moi gèrerions la vieillesse de nos propres parents. Je n'ai pas trouvé de réponse satisfaisante et cela me fait peur.

Tili a dit…

cela nous fait peur à tous, en y pensant ensemble c'est moins dûr.
Mes condoléances pour votre grand mère.

Anonyme a dit…

C'est très intéressant, toutes vos réflexions sur les vieux. Je vous propose mon point de vue actuel : j'ai 63 ans et je vis en France. J'ai 2 garçons de 25 et 30 ans. Ils ont été élevés dans un cercle familial très restreint parce qu'il y avait de gros problèmes psychologiques dans ma famille. Si je compare avec la prise en charge par le groupe des enfants en Afrique, il y a, en France, indéniablement un manque affectif préjudiciable aux enfants, pour ne citer que ce pays industrialisé. Et donc absence de considération des vieux. Sans parler du matraquage publicitaire vantant la jeunesse. Le jeûnisme, vous en avez entendu parlé ? Je n'ai pas proposé de solution, j'en suis encore à la réflexion...

Tili a dit…

Merci de votre commentaire, sur une rédaction qui a 6 ans mais reste d'une actualité douloureuse.

Le "Jeunisme", personnellement je trouve cela assez ridicule.

Aujourd'hui après des lourds problèmes de santé, je suis infiniment heureuse de vieillir :-)