samedi, février 28, 2009

En avant le soleil


Il y avait comme un air de fête dans notre jardin aujourd’hui.
Un soupçon de fierté familiale devant notre beau terreau sortit de notre compost, des enfants qui plantaient des graines, des ouvrages hâtivement consultés, des bulbes oubliés qui prennent de la hauteur et un avant goût de thé à la menthe.
Nous recevions des amies et le soleil était radieux.
Une bien belle journée.

Je me pose des questions. Plusieurs anciens collègues qui me parlent chacun de travailler avec eux en île de France, une proposition plus concrète et tellement tentante, cette envie pourtant de voyage, de laisser enfin les mains libres à mon Chum, cette crainte de ne pas donner assez de temps aux enfants, qu’ils perdent leur Maman là dessus.
Envie, amour, regrets, joie et crainte, tout se mêle et me laisse bien pensive.
Encore une fois il y a des choix à faire.


4 commentaires:

stef a dit…

Super pour le soleil et le jardin. Pour ce qui est des choix cornéliens, visiblement ça ne s'arrange pas avec les années : entre le bien-être de tous, le travail des parents, la scolarité des enfants, les activités et la vie familiale ... aïe, ouïe ... ;-)

cahuette a dit…

il est normal , maintenant que le plus dur est passe, de vouloir "revivre" refaire comme avant, le travail etc...

mais tili, n'est il pas temps justement maintenant de te resourcer, de respirer, de faire les choses lentement...

et puis je suis peut etre retrograde , mais tes enfants ont justement maintenant besoin de leur maman
ils ont besoin de ta disponibilite apres la peur qu'ils ont eu, ils ont besoin de te sentir pres d'eux

pareil pour le chum, il a besoin peut etre aussi de faire des choses pour lui...sans la famille, de releguer son role

je sais c'est egoiste , mais je pense , MOI, et je ne dis pas que tu dois m'ecouter, je te donne juste mon point de vue..
je pense , qu'il y a un temps pour tout, et que la,c'est le temps de la famille

tes collegues connaissent ta valeur et sauront te trouver

bon courage pour les decisions

Sissi a dit…

Ah ce probleme du choix...
Le fleau des gens qui ne sont pas passifs.
Moi je te dirais de prendre le large, changer d'air, un renouveau apres la maladie, puis qui sait? Les changements geographiques apportent aussi d'autres opportunites dont certaines sont professionnelles.
Enfin, je ne suis pas de meilleur conseil vu mon incapacite a m'ancrer ad vitam quelque part.
Bonne fin de week end ensoileille.

IsabelleDeLyon a dit…

Je connais ce dilemme que tu te poses :
Replonger dans une vie riche intellectuellement et socialement et forcément au détriment du temps passé avec tes enfants mais aussi du temps que tu t'accordes pour prendre ton temps, profiter de ta petite famille, des loisirs créatifs que tu t'accordes, te recentrer sur toi
Ou
Mettre de côté ce qui nous faisait vibrer avant et continuer à prendre son temps avec ses enfants mais aussi du temps pour soi pour se remettre de tout ce que tu viens de vivre.
C'est un peu le problème de toutes les mamans qui travaillent, l'énorme différence quand on a eu un cancer, c'est qu'on n'est plus du tout certaine de faire des vieux os et le temps prend une valeur inestimable, on n'est plus sur d'en avoir à volonté.
C'est pourquoi c'est si important de bien consacrer son temps.
Je dirais qu'il arrivera un moment où tu te sentiras prête, où tu ne culpabiliseras plus de ne pas donner tout ton temps en tant que maman à tes enfants en craignant d'en faire des orphelines trop vite, où tu diras que tes enfants seront fières de voir leur maman épanouie.
Mais seule toi sentira quand ça sera le bon moment de reprendre la vie trépignante d'une maman au boulot, il faut d'abord que tu te sois bien reconstruite, que tes plaies soient bien pansées, sinon tu risque de passer tes journées à culpabiliser de ne pas consacrer plus de temps à tes enfants et les enfants ne manqueront pas de te dire qu'ils préfèrent avoir leur maman rien qu'à eux.
J'ai mis un an et demi pour arriver à passer à autre chose et je l'ai fait progressivement, j'ai travaillé un an en mi-temps thérapeutique avant de repartir comme avant le cancer. C'était ce qu'il me fallait pour arriver à retoucher terre et à assumer le rythme d'avant. Ce temps que je me suis octroyée, j'en ai profité pour faire de la sophrologie, discuter avec un psychiatre, prendre le temps de tout, m'investir d'avantage dans l'école de mes filles et je ne le regrette pas du tout, je n'aurais pas pu avant.
Je te souhaite juste d'arriver à être en harmonie avec toi-même et de bien ressentir ce qu'il te faut.