vendredi, mai 31, 2013

Sommes nous encore en Démocratie ?

Aujourd'hui je vous invite à discuter de cette question : « sommes nous (encore) en démocratie)...
Ça faisait trrrès longtemps que nous n'avions pas parlé de politique (au sens noble des citoyens qui discutent de ce qui les concernent) ici...
MAIS j'ai quand même cogité (hé oui...) et j'ai mis mes idées sur le papier, ça m'a pris pas mal de temps même.
Alors lisez si vous le voulez (ou pas) et lancez vous dans les commentaires, aller, nous avons TOUS et TOUTES le droit de parler de politique. Ne laissons personne nous dire que c'est « trop compliqué » ou que ce n'est « pas à nous de le faire », quelles que soient vos opinions vous avez le droit de les exprimer, soyez les bienvenus :-)

C’est un sujet difficile, la démocratie, mais il nous concerne (oh combien) tous. Dans ce texte, je définirai d’abord la démocratie, puis expliquerai qui nous gouverne, enfin nous aborderons La question de l’indépendance des pouvoirs puis des idéologies qui sous-tendent ces pouvoirs et enfin notre place de citoyens devant ces questions.

I. Définition de la démocratie.

La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain.
Dans l’introduction de la constitution de 1958 , la définition de la démocratie correspond à la formule d’Abraham Lincoln : la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». C’est cette définition que j’ai choisi de suivre.

Pour la comprendre, revenons un peu en arrière...

La constitution de 1958 a été proposée par le général De Gaulle dans le contexte particulier de la guerre d'Algérie. Il avait alors besoin d'un pouvoir exécutif fort qu’il a fait accorder au président de la république.
Je vous cite des extraits utiles du préambule de la constitution qui explique l’ESPRIT dans lequel elle a été rédigée et vous encourage à la lire par vous même:

«Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d'asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l'homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.
Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :
- La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.
- Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
- Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises.
- Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
- La nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l'Etat. 
- La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international. Elle n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.»

Titre premier : De la souveraineté (extraits)

- «La devise de la République est "Liberté, Egalité, Fraternité".
- Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
- La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice.»
...Fin des extraits...
 
Ainsi on voit que l’ESPRIT qui a mené à la 5ème république était bien celui d’une démocratie.

II. Qui nous gouverne ?
Ce qu’on observe, en regardant nos élus, c’est qu’ils ne représentent absolument pas la diversité du peuple Français. Ce sont majoritairement des hommes, âgés, issus d’une classe sociale aisée et ayant appris la politique au cours de leurs études.
Mais par quels mécanismes ces personnes accèdent-elles au pouvoir et comment le pouvoir se retrouve t-il concentré aux mains d'une minorité d'élites ?
On peut citer divers types de dysfonctionnements à l’origine de ce résultat.

1) Dysfonctionnement dans les élections elles-même.
- Candidats pré-sélectionnés par des partis de manière pas forcément "démocratique".
- Candidats sélectionnés davantage sur leurs apparences et sur leurs ambitions voir leur agressivité que sur leur capacité à diriger où à comprendre le peuple. Le jeu théatral des personnalités politiques est devenu si prépondérant que le sens même du mot «politique» a changé et devient de plus en plus péjoratif.
- Une fois élus les élites apparaissent plus dans les médias et ça favorise leur maintient en place. 
- Les votes se font sur des déclarations d'intention "philosophico-politiques" des candidats mais il n'y a pas derrière de règle d'application des promesses...

2) Dysfonctionnement dans le contrôle du peuple sur ses élus.
Les élus ont le pouvoir de légiférer sur leur propre statut d'élus et sur leurs conditions de travail, voire sur leurs propres financements !
Un exemple, l’indemnité représentative de frais de mandat des députés, qui est une enveloppe sur laquelle le peuple ne peut pas demander des comptes. Tous les amendements proposés sur son contrôle, ont été rejetés par ceux là même qui devaient être contrôlés. Dernièrement, il y a eu une polémique dessus, mais ce qu'on a vu au final c'est que le débat a été détourné du fond, pour aboutir sur une joute cosmétique sur les écarts de richesses entre les élus et le peuple. Alors que ce qui est grave et anti-démocratique, c’est que ce sont les élus EUX MEME qui fixent les règles de l’exercice de leur pouvoir et de leurs financements et c’est cela qui est problématique. Dans un contexte où on comprend à quel point le pouvoir corrompt il est totalement anormal de laisser à nos élus le droit de légiférer sur eux même !
Il n'existe quasiment pas en France de possibilité de référendum d'initiative populaire. Un mécanisme de référendum avec une pétition de citoyens a bien été introduit en 2008 par le gouvernement de Mr Sarkozy, mais les conditions sont trop contraignantes quasi inapplicable. 
 
Autre constat alarmant, les comptes de l’état ne sont pas l’affaire du peuple !...
C’est la conclusion ahurissante qui est ressortie de l’affaire de l’hippodrome de Compiègne.
Que s’est-il passé? En bref, un syndicat a saisi le ministre du budget d’un recours administratif pour abroger l’arrêt ministériel de vente. La ministre n’ayant pas bougé le recours a été rejeté. Il n'y a pas eu de jugement. Le gouvernement a tout de même demandé un rapport d’un professeur de droit public pour avis sur la légalité de la vente.
Que dit ce rapport ?
En substance que le syndicat n’a pas d’intérêt à agir. C’est une des bases du droit. Il faut avoir "un intérêt à agir" pour saisir un tribunal. Le plus souvent avoir subi un préjudice.

Donc que comprendre ? Eh bien que au final la justice ne reconnait pas l’intérêt à agir du contribuable sur la question de la bonne gestion de l'impôt avec le prétexte que le peuple n’a pas subi de préjudice... Ceci veut dire que les citoyens n’auraient pas le droit de s’instaurer partie civile sur un éventuel détournement de biens publics car il n’y aurait pas d’intérêt direct des citoyens à agir lorsque l’argent public n’est pas utilisé dans l’intérêt général...
Enfin, pour clore le sujet du contrôle de nos élus, rappelons qu’en pratique les députés ont un absentéisme récurrent lors des débats et des votes parlementaires, ce qui amène régulièrement la problématique de leur représentativité dans les lois votées.

  1. La question de l’indépendance des pouvoirs.
Nous venons de parler du problème de la justice qui ne fait pas assez contre -poids à l’exécutif, et il y aurait encore beaucoup à dire mais j'ai pas le temps (ni toutes les connaissances) alors passons aux autres contres -pouvoirs:
  1. Le soit disant contre-pouvoir des médias.
Il y aurait beaucoup beaucoup à dire sur les médias, et je vois que mon texte est déjà trop long, je vais essayer de le faire en bref alors:

Notre société est intoxiquée des médias qui appartiennent aux plus riches, à chaque fois que quelque chose d'important se passe au niveau politique, on subit un conditionnement médiatique qui le plus souvent vise à nous détourner du sujet pour nous faire nous concentrer sur des sujets moins importants en terme de société mais qui vont nous « envahir » sur le plan émotionnel. Ce « conditionnement médiatique » détourne en pemanence le peuple d'une fonctionnement démocratique.
  
Au contraire, les informations essentielles sur les décisions capitales et supranationales prises au sein du parlement Européen sont très peu propagées. 

L’accès même aux informations fondamentales est devenu difficile pour nos journalistes. 

La désignation des responsables des chaînes publiques de télévision et de radio, et l'attribution des financements associés dépendent du pouvoir exécutif, presque tous les journaux étant soit en état de perfusion financière soit dépendants d’intérêts privés supranationaux souvent aussi de connivence avec le pouvoir exécutif.
Les médias dit «libres» sur internet, les espaces d’opinion comme les blogs et les médias dits «citoyens» sont sous surveillance. La liberté de la presse en France a beaucoup reculée dans le classement mondial. 
Enfin la quasi totalité de la presse privée appartient à des multinationales. Nous comptons très peu de médias qui comme «le canard enchaîné» sont réellement libres.
Exemple: On a la famille "Bouygues" (Ami de la famille Sarkozy) qui a des parts dans TF1 et le journal «Métro». La famille "Bolloré", dans direct soir, matin plus, direct 8 (dont la première dame était l’ancienne star), la télévision sur la TNT... Dassault ce sénateur (qui est important dans l’industrie de l’armement) possède le Figaro et Valeurs Actuelles, une partie de l’Express et de la voix du Nord ! Lagardère a des parts du journal le Monde, des éditions Hachette, du Parisien, Canal+, Europe1, RFM !!! Et Rothschild, une dynastie de la finance, s’est impliqué dans le Journal Libération...


Question: Les grandes puissances utilisent-elles leur emprise sur les médias pour manipuler l’opinion et favoriser les politiques qui les arrangent ?
Un exemple que j'ai relevé l'an dernier: Le 1er Octobre 2012, le lendemain d’une grande manifestation organisée par l'extrême gauche française contre le traité de stabilité Européenne, apparait un sondage de l’institut BVA affirmant que près de 2 français sur 3 voteraient en faveur de ce traité s’il était soumis à un référendum et que 72% des personnes seraient favorables à la règle d’or prévue dans le traité et interdisant aux Etats de la zone Euro d’avoir un déficit public supérieur à 5% du PIB. Enfin la majorité des gens ne serait pas d’accord avec l’idée que «l’instauration de cette règle d’or ne serait pas démocratique ».
Le poisson était tellement gros cette fois-ci que j’ai voulu en savoir plus... Mais impossible de récupérer les questions qui ont réellement été posées aux gens ni d’obtenir les marges d’erreur. (D'ailleurs à chaque fois qu'il y a un sondage je vous conseille d'essayer de chercher ça, les questions qui ont été vraiment posées et les marges d'erreurs, et BON COURAGE !) J’ai cherché alors QUI était le groupe BVA et qui a payé ce sondage... BVA est une énorme multinationale qui a des activités dans le sondage, les études de consommation, le marketing etc. Le groupe a appartenu aux Rothchild puis a la axiom & Cie et à la banque d’affaire Marceau Finance (qui a aussi un portefeuille dans le groupe Bolloré). .....Rothchild, holding Axiom & Cie, Bolloré... Et le sondage avait été réalisé a la demande des journaux «le Parisien» et «Aujourd’hui», qui appartiennent aux groupe Amaury et Lagardère...
Ce qui concerne notre propos, sur la démocratie, et ce sur quoi je voudrais attirer votre attention, c’est sur le fait que l'immense majorité des médias sont aux mains, soit du pouvoir exécutif de l’état, soit à des groupes aux ramifications largement supranationales. Nous ne pouvons plus qu’espérer leur objectivité. 

Alors je ne réponds pas à la question, bien sûr, j'ai pas envie d'avoir un procès sur le dos, mais je vous invite à vous la poser, c'est tout. 

  1. Le pouvoir des banques.
Notre état ne peut plus créer de monnaie et il ne peut plus emprunter à la banque de France ou a la banque européenne. Cette interdiction est apparue d’abord dans une loi de 1973, sous Georges Pompidou (ancien directeur de la banque Rothschild), élaborée par Valérie Giscard d’Estaing et par le gouverneur de la banque de France. A l’origine l’emprunt à la banque de France était possible avec un plafond de 20 milliards de Francs, c’est en 1993, (sous la présidence de Mr Mitterand) que l’article 104 du traité de Maastricht l’a interdit totalement obligeant par voie de conséquence l’état à n’emprunter que dans le privé. Par la suite la dette a explosé et les intérêts disparaissent alors de la poche des contribuables au profit des banques privées.
Or la démocratie a besoin d’argent, si nous perdons notre souveraineté monétaire nous devons absolument savoir si les institutions privées ou publiques qui auront un pouvoir monétaire sur nous suivent le même idéal démocratique que nous !
Je citerais en ce sens le président américain banquier Thomas Jefferson qui prédisait déjà en 1802 ce que nous avons observé ces dernières années “Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques  priveront les gens de  toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession,  jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis”...
L’aberration dans ce système est qu’avec les intérêts d’états, une partie des dépenses du pays va directement dans la poche des banquiers donc ça ne correspond pas (plus ?) à un investissement collectif. 
Mais les banques justifient ça (leur intérêt) par le «risque qu’elles courent» en prêtant. 
OK... Mais lors de la dernière crise de 2008 (et presque toutes les crises précédentes selon Mr Stiglitz, prix nobel d'économie), on a pu constater que ce sont bien les états et donc les contribuables qui ont finalement couvert ce risque et non les banques (à part en Islande).
 
Donc, j'essaye de comprendre, dites moi si vous aboutissez à cette conclusion aussi, ça voudrait dire que les états s’appauvrissent pour un service bancaire qui n’existe pas non plus ?
Pourtant nous poursuivons dans ce système absurde... Pourquoi ? L’un des arguments entendus dans les médias pour soutenir le traité Européen c’était que si on ne signait pas on serait sanctionné par les marchés... Autrement dit ce sont les marchés qui disent ce qu’on doit voter....
Nb. Un aparté pour définir le marché comme étant une zone de rencontre entre des offres et des demandes.
Le plus difficile, dans ce système c’est que la collusion entre le pouvoir financier et politique est telle que nous assistons à l’avènement d’une nouvelle ère où personnes qui ont eues des responsabilités dans les banques (et donc des intérêts) prennent la direction des gouvernements... Un nombre impressionnant d‘anciens responsables de la banque Goldman Sachs se sont retrouvés à la tête des gouvernements (Mario Monti, Lucas Papademos jamais élus au suffrage universel) et, mieux encore, a la tête des institutions Européenne et surtout de la Banque Centrale européenne avec Mario Draghi...
Au nom de quoi ? Je crois que cela pensée qui est dessous c'est que seuls des «experts» en finance sauront nous sauver... On avait les experts en politique et les experts en finance maintenant ce sont les mêmes ! Peu importe, dans cette logique de savoir QUI nous avait fait plonger...

  1. Les idéologies qui sous tendent le pouvoir.
Pour comprendre la crise actuelle, il faut remonter à l’idéologie qui la sous-tend. avant 1973, nous étions dans une idéologie issue de la pensée de l’économiste «Keynes», pour lequel les marchés ne s'équilibrent pas automatiquement, ce qui justifie le recours à des politiques économiques conjoncturelles. Puis une nouvelle idéologie est apparue, celle du libéralisme économique théorisée par «Friedman et Hayek» qui ont prôné un désengagement total de l’état dans l’économie. La croyance qui sous-tend cette théorie, est la suivante : le marché ne va s’équilibrer que s’il est libéré de toutes les contraintes. Donc il faut écarter l’état de l'économie, tout privatiser et tout rendre monétaire, même l’éducation la santé, la recherche...
Mais est ce que c’est faux que le marché va s’équilibrer ?
Non, effectivement, le marché va bien s’équilibrer quelque part !
Par contre ce qui me semble purement utopique c’est de penser que cet équilibre va être favorable aux peuples !
Qu’est ce qui s’est passé ensuite ? Cette idéologie a est devenue prédominante en occident, on s’est mis à spéculer, à créer de l’argent à partir des emprunts donc des promesses de remboursement, dans des systèmes pyramidaux catastrophiques. Mais comme toutes les chaînes pyramidales à un moment on arrive trop loin du point de départ et c'est le pied de la pyramide qui "perd", donc si je transpose, les états qui ont beaucoup emprunté au moment où l’argent semblait «pas cher» sont devenus insolvables. Par exemple la Grèce...
Mais aujourd’hui, il semble que la machine se soit emballée et au lieu de revenir sur l’idéologie qui a amené ces crises, on fait du chantage à des peuples entiers pour les obliger à aller vers plus de libéralisme économique. Donc privatiser tous les services publics, anéantir la couverture sociale etc.
Est-ce démocratique ? (...) A vous de voir non ?
Que se passe t-il alors ?
Des populations se soulèvent. Les émeutes et tentatives de prise du parlement se succèdent, en Grèce, en Espagne, au Portugal.... Et même en France, on assiste à une frange du peuple qui espère la révolution.
Mais nos gouvernements eux sont pieds et poings liés par les accords passés alors ils doivent choisir, soit ils contentent les populations, soit ils contentent le marché...
Alors que font-ils ?
Ils essayent de continuer à satisfaire le marché en se cachant du peuple ou bien en agissant carrément contre la volonté du peuple.
En pratique, les exemples de négation totale de la parole des peuples par les gouvernements censés être démocratiques se sont multipliés ces derniers temps, et malheureusement, sous la pression de l’Europe.
On connait le «non» Français au traité Européen, tout simplement «effacé» et passé par décret par le gouvernement. 

On connait le «non» des Irlandais qui ont été contraints de re-voter jusqu’à obtenir la réponse souhaitée par l’Europe. 

Mais sait-on ce qui se passe à l’intérieur même de l’Europe où on a pu entendre la seule chambre démocratiquement élue, le parlement Européen se plaindre (au moment d'avoir à ratifier un traité) de n'avoir pas pu participer à sa rédaction !
 
Mais QUI ou QUOI est donc ce «marché» qui contraint ces gouvernements et étouffe les peuples ? Qu’est ce qui est en train d’écraser nos démocraties par le pouvoir économique?
La réponse est à chercher dans des pouvoirs qui se situent AU DESSUS des états...
Des pouvoirs qui sont dans ce que nous avons accordé à l'Europe et dans ce qui est au dessus même de l'Europe: Les économies supra-nationales.
Mais cela ne serait peut être pas un problème si l’Union Européenne et les économies supra-nationales étaient démocratiques. Nous rejoindrions simplement d’autres peuples ayant les mêmes aspirations en fin de compte.
Alors finalement, la question qui me semble le plus importante c'est de savoir si l’Union Européenne procède d’une démarche démocratique ?
Je citerai deux illustres Européens pour vous en donner une idée ...
- le père fondateur de l’Euro, «Tommaso Padoa-Scioppa»: “ L’Europe ne procède pas d’un mouvement démocratique. Elle s’est faite en suivant une méthode que l’on pourrait définir du terme de despotisme éclairé. ” (Les enseignements de l'aventure européenne : revue commentaire n°87 1999).
Le 18 octobre 2012 l’incroyable déclaration de Mme Angela Merkel.
« Nous pensons, et je le dis au nom de l'ensemble du gouvernement allemand, que nous pourrions faire un pas en avant en accordant à l'Europe un véritable droit d'ingérence sur les budgets nationaux quand ils ne respectent pas les limites fixées pour la stabilité et la croissance " (...) "Je sais que de nombreux Etats membres ne sont pas encore prêts à cela, malheureusement (...) mais cela ne change rien au fait que nous allons nous battre pour cela"...
Pour comprendre si les pouvoirs qui sont au dessus de notre nation sont démocratiques, il faut essayer de comprendre leur mode de fonctionnement.

Je ne peux pas pour cela vous faire l’impasse sur le problème du Lobyisme. Dans les institutions Européennes, mais vous savez que c’est aussi le cas dans notre république, il y a un poids anormal donné aux Lobyistes représentant l’industrie financière dans la rédaction des lois... Il s’agit d’un système de corporations qui consiste à influencer le législateur afin d’avoir des lois servant des intérêts PRIVES...

L'Europe et les autres institutions supranationales, mondiales, fonctionne avec ce qu’ils ont appelé la «gouvernance».

J'avais du mal à comprendre de quoi il s'agissait, alors j'ai écouté une conférence intéressante d'un Monsieur qui s'appelle Mr Zarka. Il a essayé de décortiquer l’idéologie qui sous tend cette gouvernance. En très gros, il dit ça (j'espère que je ne trahis pas sa pensée, ma compréhension n'est pas forcément parfaite):
«La gouvernance est le résultat de la crise universelle qui affecte le politique. Cette crise résulterait de l’effacement des frontières entre le privé et le public, le national et l’international, et surtout entre l’économique et le politique et même le financier et le politique. Concept qui signifie la dissolution du politique dans des procédures économiques et financières.
En somme on oppose la légitimité politique, c’est à dire démocratique à celle de la bonne gestion où sont promues des valeurs absolues, l’efficacité, la productivité la performance se substituant aux valeurs démocratiques «  liberté, égalité, fraternité.»
Donc, si j'ai bien compris, les conséquences de cette nouvelle idéologie de «gouvernance» c’est d’imposer au monde public, des systèmes de fonctionnement qui étaient dans la sphère du privé et notamment le modèle managérial détruisant finalement tous les services publics qui ne peuvent pas être pensés comme une entreprise: l’éducation, la santé, la recherche...

Pourquoi ce critère n'est-il pas adapté ? Une bonne entreprise privée produit de l'argent... Un bon hôpital doit-il produire aussi de l'argent ou bien préférons nous rester sur le vieux concept d'un hôpital qui soigne bien les gens ? C'est le principe même du service public qui est atteint... Et puis citez moi les multinationales qui auraient un fonctionnement démocratique ? On parle plutôt « d'empires », non ?


Cela est -il adapté ? Est ce que penser le fonctionnement du gouvernement comme celui d’un groupe privé est compatible avec la démocratie ?

V. Conclusion, notre place sur ces questions.
Dans cette présentation, j’ai essayé de vous faire comprendre que le problème va très largement au-delà de la France. Ce n’est pas une question qui pourra se résoudre en « interne ». Nous sommes soumis à des puissances supranationales qui sont en train de déterminer notre avenir. Elles façonnent non seulement la pensée de nos politiques mais aussi, en possédant les médias, elles façonnent la pensée et le mode de vie de peuples entiers.
Ce que j’ai vu en faisant le tour du monde, c’est que tout le monde vit de la même façon, pense de la même façon, rigole même de la même façon. Quand nous avons amené avec une petite association humanitaire, l'électricité au milieu du désert de l’Atacama, que croyez- vous que les familles ont installé en premier dans leur maison? Un frigo ? Un four ? Mais non, une télé !
L’idéal de démocratie cède du terrain absolument partout, parce que partout cette logique économique et commerciale supranationale prend le pouvoir sur les peuples. Comment ça se passe ? Les gens riches et puissants s’achètent les médias, les télés les journaux. De là ils sont élus députés, présidents, regardez au Chili, regardez en Italie, mais ce mouvement est complètement général. Ils croient en cette idéologie libérale économique qu’ils poussent à fond une fois qu’ils obtiennent tous les pouvoirs et les écarts augmentent.
Et les peuples sont aveugles, on leur a versé dans le biberon télé que ces gens savent comment il faut faire, qu’ils vont sauver le pays en faisant "comme avec une entreprise", et les gens se sentent tout petits ils oublient ainsi peu à peu ce qui faisait l’idéologie de la démocratie, le pouvoir du peuple, PAR le peuple et POUR le peuple.
Pour conclure, je vais vous donner mon sentiment, notre république est basée sur une constitution dont l’esprit est profondément démocratique. Mais rien n’est fixé est beaucoup de choses sont en train de nous écarter de notre route. Est ce que nous allons simplement faire un pas de côté et revenir sur la route ? Où est ce que ce pas nous emmènera vers d’autres modèles peut être non démocratiques ?
Au final, Je ne répondrai pas à cette question de «sommes nous encore en démocratie», ce n’est pas à moi de le faire, c’est à chacun des citoyens, à chacun de vous. ... Nous, citoyens, devons absolument nous réapproprier la question et donner le droit à chacun de réfléchir sur les idéaux qui sous tendent la société dans laquelle il vit.
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Nb. Désolée pour la longueur du texte, pardon pour les éventuelles inexactitudes, pardon si j'ai pu reprendre des idées écrites par des gens sans les citer, ce n'est pas un livre, ce n'est pas un texte qui va rapporter de l'argent, c'est juste une tentative d'une fille complètement néophyte de la politique de causer avec ses copines (et "copains" même si les hommes sont moins nombreux à me lire) de blog de choses de "grandes personnes" (ah ah ah) dans un compte rendu qui tient plus du machin mâchouillé que du pamphlet politique. Mais si vous pensez que je vous ai cité et voulez que je complète le texte avec votre nom, envoyez moi juste un mail.
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 La parole est à vous !

mercredi, mai 29, 2013

Dans l'espace

En ce moment je ressent la sensation d'avoir été jetée, nue, au dehors d'un avion en vol par des gens souriants qui me disent en me lançant dans le vide "ne t'en fais pas, tu ne vas pas t'écraser"...
Et ce que je ressent c'est que la chute est longue...

Passage à vide ?

lundi, mai 20, 2013

C'est sur l'autre blog

En ce moment, c'est souvent sur http://tousautourdumonde.blogspot.fr/ que ça se passe ! sûrement que mes envies d’aventures me reprennent ;-)

Bon mais là, c'est juste pour raconter comment ma fille a pu se retrouver à chercher une poule pour lui verser une quiche dans le fondement !????

mercredi, mai 15, 2013

Fin du traitement

Ça y est, c'est officiel, mon Oncologue m'a arrêté complètement mon traitement hormonal pour le Cancer (en raison de l'apparition de douleurs, probablement veineuses, importantes dans les jambes et de maux de tête systématiques le matin)...

Ta dammmmmm !

Même avec plein de paroles rassurantes je sais que je vais avoir une petite période de flottement pendant 3 mois, le temps de constater que "rien ne repart".

Mais je positive à fond:
- Les douleurs diminuent déjà (mais je dois quand même aller faire un écho-doppler de contrôle).
- Ça va m'aider à arriver à perdre du poids.
- Ça veut dire que je m'en suis sortie, dans 3 mois on arrivera aux "5 ans" fatidiques...

Pfiouuuu, ça se fête au fond, non ?  Il va falloir que je marque le coup pour ma petite famille :-)

PS. J'ai apprécié, dans les informations de voir la déclaration de l'actrice A. Jolie sur sa décision d'une double ablation préventive. Vu les difficultés que j'ai eues à obtenir cet acte préventif en France, la culpabilité atroce qu'on voulu me faire porter certains médecins de l'institut Curie absolument indignes du genre "on ne le fait pas parce que ensuite les femmes se font abandonner par leur mari" quand j'ai persévéré dans ma démarche. Et au final le bonheur d'avoir pu bénéficier de cet acte préventif par un chirurgien formidable, je crois qu'on a du chemin à faire en France sur cette question.
Moi aussi je ne me sens pas moins "femme", moi aussi j'ai le bonheur de dire à mes enfants que j'ai tout fait pour rester à leurs côtés.
Et puis je n'ai plus à passer ma vie à surveiller le développement d'un cancer dans les seins, avec une crainte permanente qu'on voudrait imposer comme mode de vie à toutes les femmes quel que soit leurs choix personnels.
Et moi aussi je m'insurge contre le coût du dépistage génétique dû à un début de privatisation du vivant (du génome). Et aussi contre le temps d'attente et le blocage de certains médecins... Je rappelle que, avec un risque génétique qui avait été évalué à 80%, obtenir le test génétique m'a pris 2 ans à l'institut Curie...

lundi, mai 13, 2013

Retour de vacances

Les vacances ? Pfff fatigantes !
J'ai un problème avec mon traitement hormonal pour le cancer, ça me donne des douleurs terribles dans les pieds avec les jambes comme dans du plâtre le matin et des maux de tête pour arroser le tout. Je me réveille au moins 20 fois dans la nuit pour bouger les pieds seul moyen de baisser la douleur.
L'horreur.
Le matin je suis anéantie de sommeil mais si je ne me lève pas assez vite la douleur augmente jusqu'à devenir à la limite du supportable, il faut que je bouge sur cette douleur et alors elle baisse. Je marche comme si on m'avait attaché des enclumes aux pieds le matin, les escaliers sont un défi. Et j'ai super mal au crâne c'est pas la peine de me demander quoi que ce soit avant mon café + paracétamol.
J'ai arrêté le traitement quelques jours, les symptômes ont fortement baissés, repris le traitement, punition immédiate, re-arrêté le traitement et téléphoné à mon oncologue à qui j'ai pu laisser le message...
Pfff...  C'est le traitement censé inhiber d'éventuelles métastases...
Je suis à "presque" 5 ans... Tout est dans le "presque".
J'ai peur que en arrêtant le traitement d'éventuelles métastases maintenues se mettent à exploser.
Mais si je le continue le risque de thrombose est encore plus immédiat.

La dernière fois, j'avais parlé avec mon super gentil oncologue de Lyon de ce qui se passerait à l'arrêt du traitement. Il a essayé de me rassurer en me disant que la tumeur que j'avais était "si agressive" que le traitement n'aurait pas suffit à contenir d'éventuelle métastases s'il y en avait eue, je serais déjà morte.. Que la montée de risque à l'arrêt du traitement elle est plus pour les femmes qui ont eu des tumeurs justement moins agressives qui peuvent subsister longtemps "endormies".

Je me raccroche à ces paroles, elles sont comme une bouée de sauvetage.

Et puis j'essaye comme toujours de voir le positif.
Nous avons passé les vacances à essayer d'avancer les travaux dans la merveilleuse maison où nous allons déménager dans 2 mois. Un paradis. Les enfants y sont vraiment heureux. Ip. est notre cerise de bonheur sur le gâteau. Il est aussi pour moi une forte motivation à bouger. Le matin, je ne me lève pas seulement pour échapper à la douleur, il faut sortir Ip et revenir pour un petit déjeuner en famille toujours formidable.
Dans la journée, je marche pour Ip. encore et ça me fait du bien à moi. Et le soir encore avant d'aller au lit, je ressort Ip. Et pour Ip. aussi je me suis remise à courir, tout simplement quelque chose que je ne faisait presque plus. Ip.
Ip. + les enfants, + le Chum, ça fait toute une montagne de motivations qui sont bien plus fortes que la douleur, bien plus plus vives que mon manque de sommeil.
Ajoutez à cela tous les amis qui sont venus nous voir, le jardinage que j'adore et quelques belles promenades, chouette non ?